Etape 3 : Zonza-Ajaccio : 127 km et 2000 m de D+
Météo : temps relativement frais, très couvert, avec averses légères ponctuelles sur les 5/6e du parcours. 10 derniers kilomètres sous pluie dense. Soleil absent pour la journée, et non excusé.
Au départ de Zonza ce matin, le moral est bon mais le ciel est plombé, comme les jambes de certains après la dure étape d’hier. Heureusement au fil des kilomètres, les jambes se déplombent, mais pas le ciel. D’ailleurs le soleil ne se montrera pas de la journée. Il avait déjà montré des signes de faiblesse la veille. Reconnaissons qu’il avait été bon le premier jour. Toutefois les averses seront brèves et limitées, enfin jusqu’à la dernière qui sera sévère, en arrivant à Ajaccio…
Une descente au frais sur route humide d’une vingtaine de kilomètres était au programme pour commencer. La chaussée y est de mauvaise qualité par endroit en raison notamment de travaux, ceci dit le plus souvent les routes furent excellentes durant ces 3 jours. On passe ensuite un premier long col aux pourcentages réguliers, assez forts sans être vraiment sévères, avec de beaux blocs rocheux rougeâtres au sommet et un panorama magnifique. La descente est par contre difficile à cause du revêtement et de la pluie qui invitent à la plus grande prudence.
La descente du col du Siu dans un décor majestueux avec le Golfe de Propriano en arrière plan
On repasse près de Propriano, puis cela file un long moment à belle allure en peloton serré, sur une route agrémentée de brèves côtes. On attaque ensuite le deuxième gros col, long et déserté des hommes, aux pourcentages variés. On se demande même si cette route a déjà été emprunté cette année !
Une partie du groupe dans le second long col
Aujourd’hui la pause-café et le pique-nique de midi ont été supprimé par la direction : au Giro ils enlèvent carrément une partie de l’étape, mais nous on ne mange pas de ce pain-là ! Compte tenu du fort risque de précipitation, on préfère tracer la route au sec le plus possible et manger à Ajaccio au final. Bonne idée qui nous permet de rouler à peu près à l’abri jusqu’au kilomètre 110. C’est là que les nuages se lâchent. Anne-Lise, toujours prête à se faire remarquer est aussi victime d’une crevaison au même moment ;) Ce sera la seule crevaison durant ces 3 jours. On prend tous un peu l’eau. Un peu beaucoup, mais on est presque arrivés, ce n’est pas dramatique.
Avec cette pluie drue, nous entrons dans Ajaccio non pas aux belles couleurs des maillots Rugissants mais aux aléatoires couleurs des k-way de chacun. Juju arbore une tenue qui évoque une guerre chimique ou nucléaire, seules les narines et un peu les yeux débordent du vêtement, Fabien porte un k-way jaune délavé récupéré par terre lors d’une précédente sortie, Sergio un k-way gonflable au contact de l’eau apparemment. Bref, l’élégance laisse à désirer chez beaucoup, pour ma part je porte un fort élégant k-way bleu couleur gendarmerie nationale. Toutes les couleurs de l’arc en ciel sont présentes dans le peloton.
On se change ensuite sous le préau des halles, en plein centre-ville et là encore il va falloir attendre un peu pour retrouver l’élégance qui sied si bien au groupe des Rugissants en tournée. Quelques fesses font alors de brèves apparitions à l’air libre, vaguement cachées par une colonne de pierre ou une serviette trop courte, mais jetons un voile pudique… sur le sujet, cela ne doit pas sortir du groupe.
Petite anecdote : hier soir au dîner, Christophe avait prodigué d’excellents et forts pointus conseils diététiques à Anne-Lise, Juju et Goulven. Intérêt de tel aliment, inconvénient de tel autre, tout y passe. Christophe obtient un beau succès d’audience ! Malheureusement, toute sa crédibilité patiemment acquise vole en éclat dès le lendemain où au repas de clôture pris en terrasse sur le port d’Ajaccio, après l’arrivée d’étape, il s’empresse de commander… un hamburger avec des frites😊
Après l’encas de 17 heures, on charge les vélos dans le camion, ce n’est pas simple, merci Christophe pour sa maîtrise parfaite des trois dimensions d’une soute ! Puis on charge le camion dans le bateau. Départ d’Ajaccio à 19 heures tapantes (19h03 à ma montre, je déposerai une réclamation auprès de la Méridionale), sous un beau ciel et avec une houle qui nous accompagnera jusqu’à Marseille, mais sans rendre la traversée inconfortable. A bord, petite bière ou apéro sur le pont de la plage arrière du bateau, avec vue sur la baie d’Ajaccio. Le bateau n’est qu’à moitié plein, et pourtant avec leur jauge covid, cela pose déjà des problèmes pour l’occupation de la salle de restaurant. Fabien essaie de négocier, bilan « on n’a rien obtenu ! » comme dirait la « cégète ». Dîner encore en panier repas, et improvisé par terre sur la moquette de l’âge d’un hall du navire. Ça ne nous empêche pas de bien rigoler. On retourne un peu à l’extérieur ensuite, Thomas en profite pour mesurer avec le GPS de son téléphone, la vitesse de croisière du ferry : 30 km/h, soit à peu près 16 nœuds pour les marins confirmés. C’est grosso modo l’allure d’un peloton Rugissants sur le plat. Parfois Brice emmène le peloton à 20 nœuds sur le plat, soit à peu près 37 km/h pour les cyclistes confirmés. Mais Brice est quand même moins puissant qu’un moteur de ferry, certes de peu.
Retour en cabine pour la nuit, dans la mienne Sergio raconte une histoire au petit Fabien avant de le coucher, ça l’aide à dormir. C’est une histoire drôle entre Bach et Haendel, normal pour un mélomane. Fabien pensait que c’était des coureurs du Giro, le gars s’y connaît autant en musique classique que moi en tango argentin. On a d’ailleurs eu droit à une démonstration de tango par 2 dames pendant qu’on se changeait sous les halles. On leur a dit qu’elles dansaient très bien, elles nous ont dit qu’on avait de belles fesses, je ne sais pas pourquoi. Mais pour en revenir à l’histoire de Serge, le mieux c’est qu’il vous la raconte, vous pouvez me demander son téléphone si intéressé. Je peux juste vous dire que ça finit par « baby come Bach ». Après Sergio n’a plus donné de nouvelles jusqu’au lendemain matin, je le soupçonne de raconter des histoires pour s’endormir lui !
Arrivée à Marseille le lendemain matin à 8 heures, sous une belle lumière et un fort mistral, il était prévu de rallier la cité phocéenne à 7 heures, mais renseignement pris auprès de l’équipage, il paraît que c’est toujours comme ça quand on voyage le lundi de Pentecôte. Ils devraient l’écrire sur le billet alors, ce ne serait pas plus mal de le savoir à l’avance…
Le bilan de ces 3 jours et 4 nuits est unanime : week-end de Pentecôte en Corse, mieux qu’au parc de la Torse (les Aixois comprendront). Les gens sont ravis, et l’âme du séjour, le fameux Fabien, a fait honneur à ses qualités d’organisateur et de grimpeur. Comme toujours !
Un grand merci à tous et toutes pour leur participation enjouée et dense sportivement ! On se reverra.
Texte de Loïc mis en page par Fabien
Le mot de Fabien :
Merci à tous les participants pour leur bonne humeur, leur bienveillance à l'égard du groupe, leur ponctualité et leur discipline de groupe. Un merci tout particulier à :
Etape 2 : Propriano-Zonza : 125 km et 2800 m de D+
Météo : beau temps ensoleillé et chaud le matin - chaud et couvert avec quelques gouttes l'après-midi
Une journée commencée sous le soleil et finie sous une légère pluie, mais une belle journée quand même, avec 2 gros cols au programme et une multitude de côtes plus petites, la première dès le départ.
On s’élève d’abord depuis le bord de mer autour du golfe de Propriano, en direction du sud, ce qui donne de belles vues sur les criques et les plages du coin.
Arrêt café à Sartène, le village qu’il faut connaître pour saisir réellement l’âme corse, c’est Fabien qui me l’a dit. Mais apparemment il tenait ça de Prosper Mérimée, un écrivain du XIXe siècle, ce qui n’excuse en rien son prénom absolument ridicule.
Café en terrasse, le soleil est encore là, il tirera le rideau peu de temps après. Nous partons sur le très long col de Bacino, le peloton se disperse façon puzzle quand la pente se raidit. On traverse le maquis corse, des forêts de pins aussi, les paysages sont désertés, sauvages et attrayants. On se regroupe au sommet, le dernier arrivé est Régis qui pourtant était en relais camion… Une erreur d’itinéraire, il faut dire que certains embranchements dans ces coins perdus étaient difficiles.
Le pique-nique en altitude est accompagné de l’arrivée soudaine d’une vague d’air frais depuis la côte est de la Corse et qui monte le col. Cela nous pousse à le redescendre sans trop tarder pour s’approcher de Porto Vecchio et repartir au sec pour une nouvelle grosse montée, le col de l’Ospédale. Un col très régulier mais difficile, pourcentages usants et longue montée. Fabien, Christophe et Brice se disputent les podiums, tous les autres se bagarrent d’abord avec eux-mêmes, comme c’est souvent le cas à vélo.
Fabien soigne ses temps Strava partout où il met ses roues de vélo, Brice s’y intéresse aussi partout où il emmène ses gros muscles, Christophe s’en fout complètement partout où il déroule ses grands compas à cadence élevée.
Serge lui, y a laissé ses jambes aujourd’hui dans la montée de l’Ospédale, il ne les retrouvera qu’au repas du soir. Greg y a laissé son genou (il avait déjà des douleurs avant de venir en Corse) du coup il ne sera pas en mesure de rouler demain. Patoche soigne son mal de dos le soir à l’étape au jacuzzi du magnifique hôtel que nous occupons dans le village de Zonza, au cœur de la montagne. Jacuzzi d’ailleurs sur-occupé ce soir de 18h à 19h, jusqu’à 6 personnes au chaud à 34° degrés malgré la petite pluie qui tombe sur les têtes.
Du côté de nos filles, Karine a volé dans les cols comme d’habitude, Milie a devancé son père Thomas dans les montées mais la famille reste très soudée, Françoise et Isa furent comme à l’accoutumée increvables, et Anne-Lise qui découvre le groupe et pratique le vélo depuis pas très longtemps s’est montrée courageuse et endurante.
Goulven découvre l’expérience d’un périple avec les Rugissants et passe les étapes certes à son rythme mais sans jamais rien lâcher, et dans leur intégralité. Et c'est un excellent compagnon de route !
Michel fit aussi une belle étape tout en devant (comme moi) gérer un bateau, certes virtuel, sur une transat. Magie de la 4G, nous réfléchissons ensemble à la stratégie à adopter comme le choix du cap au cœur de l’Atlantique au sommet de chaque col ;-)
Leigh, notre ami américain (« sweet home Alabama » pour ceux qui connaissent la chanson) roule fort et apprécie aussi à sa juste valeur sa première découverte de l’île de beauté.
Jean-Michel, en triathlète accompli est aussi à l’aise sur terre que dans l’eau, et toujours avec le sourire.
Alain, le doyen du groupe, du haut de ses 70 ans est toujours aussi frétillant dans les montées. Régis le suit de peu avec 68 printemps et reste capable de faire des régissades, même en fin d’étape. Patoche notre cher pâtissier et excellent compagnon de voyage, 68 ans également, non seulement fait bien du vélo mais il travaille toujours !
Me restait à évoquer Juju, un toujours aussi rigolo et agréable compagnon de route ! A noter que sa position très droite dans les montées nous fait soupçonner que son vélo soit doté d’une assistance électrique, mais après vérification il semble bien que non, le gars serait juste à son aise quand la route s’élève pour supporter cette position peu orthodoxe pour un cycliste de son niveau.
Quant à moi, je me suis senti aussi très à l’aise, notamment dans le dernier col où je craignais que la digestion d’un sandwich copieux, plus une quiche, plus un flan, ne perturbe le rendement, mais non, faut juste être habitué.
Au bout du compte, ce fut, une fois de plus, encore une bien belle journée d’efforts soutenus dans des paysages exceptionnels et dans une ambiance particulièrement conviviale, tout ce que l’on aime !
Texte de Loïc mis en image par Fabien. Photos de Thomas et Goulven.
Etape 1 : Ajaccio-Propriano : 105 km et 1400 m de D+
Météo : beau temps - températures plutôt estivales
Participants :
5 formidables Rugissantes : Anne-Lise-Françoise-Isa-Karine-Milie
15 Rugissants : Alain P.-Brice-Christophe-Fabien-Goulven-Grégory-Jean-Michel-Julien-Leigh-Loïc-Michel-Patrice-Régis-Serge-Thomas
3 accompagnatrices : Anne-Gwenaelle-Lo Ann
Un départ d’Aix après chargement optimisé par Christophe de tous les vélos et d’une partie des bagages, en milieu d’après-midi du vendredi (merci à lui). Régis, accompagné de Patoche et Alain partent pour Marseille dans le camion, les autres en car puis métro. A l’arrivée Régis a du faire une roue arrière avec le camion car le flacon de gel hydro alcoolique d’un litre prévu par Fabien a servi en intégralité à désinfecter le camion…
Un départ en bateau pour la Corse de Marseille par temps couvert, frais et avec quelques gouttes. A 19h on lève l’ancre, façon de parler on était à quai.
L’arrivée le lendemain matin à 7h à Ajaccio se fera sous un franc soleil et par une température déjà chaude, la journée commençait bien.
La nuit à bord s’était bien passée aussi, notre bateau de la compagnie La Méridionale étant confortable, même si le dîner se fit sous forme d’un panier repas peu copieux, avec sachets de sel et poivre à volonté cependant. J’ai d’ailleurs demandé à voir le capitaine immédiatement mais on m’a répondu poliment qu’il n’avait pas que ça à foutre !
Notre bateau est en mode électrique à quai, un gros progrès pour l’écologie et pour réduire les taux de cancers des habitants du quartier de l’Estaque à Marseille, qui respirent à plein poumon les fumées de fioul lourd des paquebots et autres compagnies de car-ferries !
Après le repas, retour en cabine. En mer la houle nous berce pour dormir et Sergio sombre rapidement dans un sommeil profond, dans la cabine à quatre que nous occupons. Très rapidement, au bruit feutré du moteur du bateau s’ajoute un ronflement de baryton. Très joli à écouter, vraiment très musical, avec des changements de rythme, des allegros prononcés, des sourdines, mais un peu moins bien pour dormir.
Le petit déjeuner sur le bateau est servi en panier repas à 6h du matin, déposé à la porte de la cabine, une heure avant le débarquement. Il est encore plus léger que le dîner, un croissant, un jus de fruit et un café, c’est tout ! J’ai immédiatement demandé à voir le capitaine mais on ma dit qu’il n’avait pas que ça…
Bref, une fois ingurgité (c’est très rapide), pour un cycliste cela fournit de l’énergie pour environ 20 km d’autonomie à tout casser, pour Juju c’est même à peine 10... Heureusement Patoche a eu la bonne idée de nous confectionner ses délicieuses barres énergétiques ! (un grand merci à lui).
Nous quittons Ajaccio pour une petite boucle qui nous conduira jusqu’aux îles sanguinaires par la jolie route côtière, avant de repasser à Ajaccio ravitailler et prendre le café, les sandwichs pour le midi à mettre dans le camion, il y a de l’organisation derrière que Fabien comme d’habitude gère au mieux.
Petite chute sans gravité dans Ajaccio d’un Rugissant, un jeune homme de 58 ans qui bascule avec élégance mais à son corps défendant contre un rebord de trottoir suite à un partage de route inégal avec un automobiliste pressé. Un peu de tôle froissée au niveau de la hanche, mais ça va, l’automobile n’a rien.
Sortie d’Ajaccio rapide, en peloton, et par vent arrière qui vient de se lever. La route monte et serpente ensuite le long de la côte, offrant des perspectives gratifiantes pour les regards. L’impression jouissive aussi de quitter une société hygiéniste et délirante pour les valeurs simples et nobles de l’effort en plein air dans un joli et joyeux groupe habillé en rouge et bleu.
Arrêt pique-nique en haut d’un col, la bocca di Filippina, face à la grande bleue en contrebas. Le regard porte loin, ça apaise, à moins que ce ne soit le copieux pan-bagnat. Chacun a retrouvé son panier repas dont des sacs qui sont floqués au nom des participants. Reprise de la route pour Propriano, route au demeurant excellente, peu fréquentée et alternant descentes et reprises de hauteur. Final le long du golfe de Propriano, avec 1 heure et demie d’avance sur l’horaire estimé par l’organisation. En cause un vent favorable, un peloton motivé, des pauses ravitaillement plus courtes que d’habitude.
Baignade et détente à la plage, apéro et repas en terrasse, le dîner était bon mais un peu frugal, Brice va même s’acheter un sandwich supplémentaire en douce et Juju redemande un sachet de poivre. Quant à moi j’ai exigé de voir l’organisateur de ce voyage immédiatement, mais comme il partage ma chambre, on règlera ça ce soir !
Couvre feu à 21 heures, on se croirait dans un monde presque normal.
Demain l’étape sera plus dure avec le double de dénivelé, on quitte la côte et on part dans la montagne corse !
Encore une bien belle journée, notre 3e voyage séjour en Corse commence sous les meilleurs auspices !
Texte de Loïc mis en image par Fabien